Source : mon tumblr perso, mars 2010
J’ai assisté hier à la moitié de la journée Lotusphère Paris 2010, chez IBM/Lotus.
J’ai pu voir une nouvelle démonstration de leur outil de réseau social, Connections (bel outil), et la prochaine version de Quickr, qui m’intéresse au plus haut point puisque je suis responsable fonctionnelle de Quickr dans mon entreprise. C’est une plateforme d’espaces collaboratifs : partage de fichiers et d’autres infos moins figées, gestion de versions, forums light, commentaires, formulaires, notifications… Chez nous, cet outil remplace petit à petit les anciennes bases documentaires Lotus Notes, avec divers bénéfices (interface web, autonomie des utilisateurs, intégration d’Office… ). Bref, voila pourquoi j’étais là, vieille utilisatrice Lotus qui ai mis en place nos première bases Notes en 1995.
J’ai ensuite assisté à une table ronde faisant figure de plénière de clôture, où des directeurs informatiques parlaient de leurs super projets de collaboratif et de réseaux sociaux. A un moment, un des directeurs évoque le lancement de son projet en 2005, et le journaliste-animateur de rétorquer quelque chose du genre :
« Comment ? Vous parliez déjà de collaboratif en 2005 ? Vous étiez en avance ! »
Euhhhh. Oser dire ça lors d’un Lotusphere, c’est balaise.
OK, on comprend bien qu’il parlait de réseau social plutôt que de collaboratif. Mais justement, c’est symptomatique de cette approche (malheureusement classique) du tout nouveau tout beau, et du gommage du passé.
Non, le travail collaboratif, ça n’est pas une invention du web 2.0. Ni même du web tout court.
Pourquoi nier ainsi l’héritage du passé ? Pour pouvoir faire croire à de brillants avenirs tout roses où tout le monde collaborera dans la joie et l’innovation partagées ? Et si l’on se contentait de continuer à optimiser pragmatiquement l’efficacité au quotidien ?
PS de 2025 : Je crois que depuis 2010, on est toujours dans la réinvention de nouveaux outils pour mieux collaborer, et qu’à chaque fois, on dit que c’est tout nouveau, et que ça n’atteint jamais les super objectifs théoriques (parce que ce n’est justement pas une histoire d’outils). Je vous renvoie aux excellents billets de Bertrand Duperrin (que je cotoyais lors de ces événements IBM à cette époque !) sur le sujet de la collaboration en entreprise, et ses multiples miroirs aux alouettes.